À une époque où les films de sabre se lançaient dans une course au « grand, toujours plus grand et majestueux », « Le Règne des assassins » fait revivre l’essence du genre en écartant les vastes scènes de foule et les excès d’images de synthèse pour se concentrer sur les visages des personnages et chacun de leurs mouvements. Les traits propres à ses coréalisateurs, John Woo et Su Chao-Pin, coexistent dans « Le Règne des assassins ». On y retrouve le principe de « Volte/Face », premier film hollywoodien de John Woo, tandis que la dimension de film de casse, qui s’affirme à partir du milieu du récit, semble porter la marque de Su Chao-Pin. Mais tous deux semblent avoir voulu faire un film de sabre fidèle au genre. Dans « Le Règne des assassins », les affrontements sont sobres et sans fioritures. De la belle tension des épées qui s’entrechoquent et des lames qui frôlent les corps jusqu’à la vanité de la mort que font ressentir les corps blessés des maîtres des arts martiaux, le film ravive les plaisirs classiques propres au cinéma de sabre. Une petite digression. Avez-vous déjà vu un film qui se termine avec Michelle Yeoh auprès de la personne qu’elle aime ? À cet égard, « Le Règne des assassins » restera un film très particulier pour Michelle Yeoh comme pour vous.