Hyeong-jun et Woo-sik, qui s’étaient disputés et en étaient même venus aux mains, s’assoient autour d’une table avec Hwa-jin, qui les réprimandait, pour partager une soupe de bœuf au radis. Eux qui tenaient bon jour après jour en ramassant de vieux papiers toute la journée et en vendant des légumes dans les ruelles comprennent vite la situation des uns et des autres, sans avoir besoin de longs discours. Après avoir trouvé de la chaleur au milieu des difficultés matérielles et de la solitude, tous trois se consacrent à la dégustation de la viande. Leur première « mauvaise action », commise dans la confusion, débouche sur une aventure de « resto-basket » à travers tout Séoul. Devenus fugitifs, ils échappent à leurs poursuivants et retrouvent une excitation qui rappelle la jeunesse. Dans l’élan d’une comédie légère sur fond de délinquance, le film médite sur la vie et la mort tout en éclairant les problèmes réels que sont la pauvreté des personnes âgées et les angles morts du système. Mais « People and Meat » parle avant tout d’amitié. Saisissant ces instants où le seul fait de ne pas être seul donne du courage, il dépeint l’amitié de trois compagnons qui traversent à nouveau la jeunesse au crépuscule de leur vie. L’énergie sans retenue des acteurs Park Keun-hyong, Jang Yong et Ye Su-jeong donne à cette course où la vie « vaut la peine d’être vécue » un aboutissement à la fois enlevé et émouvant.