Des frères qui font parfois des bêtises, une mère qui assume toutes les tâches ménagères, un père qui apparaît aux moments décisifs et fait sentir sa présence, une grand-mère qui vit à proximité et apporte son aide. La famille des frères Aakash et Adi semble tout à fait ordinaire. Pourtant, « Don’t Tell Mother », le premier long métrage d’Anoop Lokkur, demande à voix basse si ce qui est ordinaire va forcément de soi et constitue une norme. Leur mère, Lakshmi, souhaite monter une petite entreprise, mais ses occasions de s’affranchir de sa belle-famille sont souvent contrariées par l’entêtement de son beau-père et l’indécision de son mari, tandis qu’au souhait d’Aakash d’apprendre le karaté répond une remontrance l’enjoignant de se contenter d’étudier. Mesurer les manques que recèlent des demandes anodines, ne plus supporter une violence que l’on tenait pour acquise, dire merci pour les attentions auxquelles on était habitué : tout cela est si difficile. Un film tendre auquel on repensera soudain en mangeant des noix de cajou.