C’est le troisième film de la « trilogie du Caire » du réalisateur Tarik Saleh. Après avoir abordé la révolution égyptienne de 2011 (manifestations contre le régime dictatorial) dans « Le Caire confidentiel » (2017) et les machinations sordides derrière l’élection du grand imam dans « La conspiration du Caire » (2022), Tarik Saleh a dépeint avec mordant le processus par lequel le cinéma déchoit pour devenir un instrument d’idolâtrie du pouvoir absolu. L’acteur George, surnommé le « pharaon de l’écran », accepte de jouer dans un film biographique à la gloire du président égyptien. De plus, chargé de prononcer un discours pour le président lors d’un défilé militaire, il se retrouve mêlé à un événement inattendu, puis dans une situation qui menace d’exploser à tout instant. Tarik Saleh se concentre d’abord sur la satire de l’industrie cinématographique et les intrigues amoureuses d’une star, avant de déplacer habilement le centre de gravité du film vers un thriller politique haletant. Fares Fares, qui incarnait dans les deux autres volets de la trilogie un policier solitaire et un enquêteur de la Sécurité nationale rompu aux manœuvres politiques, se transforme cette fois en acteur adulé dans son pays et livre une interprétation intense. En véritable alter ego du réalisateur, il incarne de tout son corps la tragédie provoquée par un pouvoir corrompu.