« Une résonance émotionnelle qui s’approche en silence, s’infiltre lentement et finit par bouleverser les profondeurs du cœur. Un chef-d’œuvre de Shinji Aoyama, qui nous a désormais quittés. » — Le réalisateur Bong Joon-ho
« Eureka » est le deuxième film de la « trilogie de Kitakyushu » de Shinji Aoyama (« Helpless », « Sad Vacation ») ; il est non seulement son œuvre emblématique, mais aussi un film immanquablement cité lorsque l’on parle du cinéma du XXIe siècle. En passant par « La Prisonnière du désert » (1956) de John Ford, par Yasujirō Ozu et par Jean-Luc Godard, « Eureka » parvient à une nouvelle vie, à de nouveaux paysages et à un nouveau cinéma. La photographie monochrome, les lents travellings latéraux et la musique consignent minutieusement des journées languissantes, menaçantes, désolées et inquiètes, et résonnent avec les paysages, le soleil, le vent, les pas et les gestes des personnages pour créer une atmosphère à la fois calme et glaçante. À peine sommes-nous émus par le cœur de Shinji Aoyama, qui attend patiemment le lent rétablissement de personnages endurant le chagrin et la perte, que nous prenons conscience de son absence. Après la mort de Shinji, que verrons-nous dans la dernière scène d’« Eureka » ? Non, qu’est-ce que nous ne pouvons plus voir ?