Le titre énigmatique du premier film de Han Chang-lok rassemble la première syllabe de chacun des trois intertitres qui apparaissent successivement au cours du film : « 충(衝)동 », « 충(衝)돌 » et « 충(衝)격 ». Fréquentant le même lycée et ayant chacun leur histoire, la lycéenne Ji-sook, son petit ami Yong-gi, qui croit que « protéger cette fille, c’est sauver le monde », et Dum-bo, qui les accompagne, passent leur temps ensemble en se tortillant comme les chenilles de la première scène. Mais des problèmes surgissent lorsque Woo-joo, un « beau garçon », est transféré dans leur lycée et que Ji-sook tombe amoureuse de lui au premier regard. Présentée ainsi, l’histoire laisse présager un amas de clichés. Pourtant, le récit auquel vous vous attendez se termine bien plus tôt. La caméra débordante de vitalité s’agite sans répit et fragmente les scènes en une action d’images qui se déploie comme un collage MTV ; sur ce spectacle de couleurs qui semblent presque avoir été repeintes en postproduction, le son drum and bass palpite comme le cœur des protagonistes. Entre les répétitions de l’amour et de la trahison, tous sont désemparés, mais personne ne pourra dire que cela ressemble aux paroles d’une chanson populaire. Ce début cocasse se précipite, comme dans une chute, vers une situation atroce, d’une désolation bien plus grande que vous ne l’imaginez.