Hussein Darby, le dernier projectionniste du « Cinema Jenin », en Palestine, pensait qu’une occasion en or se présentait à lui. Lorsqu’une ONG allemande est venue restaurer le cinéma abandonné de Jénine, Hussein était prêt à montrer ses compétences. Il croyait pouvoir ainsi retrouver son ancien lieu de travail. Pour remettre en marche le projecteur vieux de cinquante ans, il parcourt toute la Cisjordanie et va jusqu’à tenter de passer en Israël. Mais jusqu’au bout, il ignore que son époque est déjà révolue. Le réalisateur Bakri filme de manière dramatique, avec un regard amical, son combat solitaire anachronique. La passion et l’absorption qui se dégagent du regard du réalisateur ressemblent exactement à celles de Hussein. « Habibi », dans le titre original du film, signifierait « mon amour » en palestinien : par son film, le réalisateur offre à Hussein les louanges que celui-ci désirait si ardemment, mais que personne ne lui a jamais adressées. Un double hommage à la culture cinématographique palestinienne d’autrefois et à un homme.