Dans nos souvenirs, l’enfance est toujours un peu de travers, maladroite, et d’autant plus nette. Le monde de « Le Corset », qui se déploie avec fluidité en traits de pinceau épais et simples, ressemble étrangement à ces souvenirs d’enfance. Le réalisateur Louis Clichy, qui a participé notamment à « WALL-E » et à « Là-haut » chez Pixar, a inscrit dans son premier long métrage en solo une histoire issue de son expérience. Christophe, qui comptait suivre les traces de son père agriculteur, doit porter un corset de fer en raison d’une anomalie physique. Destiné à redresser son corps, le corset le détourne au contraire de la vie qui lui était promise, et la musique, l’amitié et des sentiments inconnus se glissent dans cette brèche. Au moment où la réalité du garçon qui joue de l’orgue se prolonge dans une imagination libre, ses contraintes physiques se transforment en une force qui lui permet de contempler un monde nouveau. Tout le monde grandit, mais personne ne le fait de la même manière. À travers le parcours d’un garçon qui grandit, « Le Corset » fait discrètement resurgir l’enfance propre à chacun qui demeure en nous. Le film a reçu le prix spécial du jury Un certain regard au Festival de Cannes, ainsi que le prix du jury et le prix du public au Festival international du film d’animation d’Annecy.