Stan est envahi par le traumatisme d’avoir l’impression de s’être réveillé au cours d’une opération visant à lui poser une prothèse articulaire à la jambe, et reste sans cesse saisi par la peur que sa jambe soit fracassée. Pour ne rien arranger, l’hôpital, invoquant un manque de chambres, installe dans la sienne un homme non identifié plongé dans le coma, qui se met soudain à lui parler dès qu’ils se retrouvent seuls. Ainsi, entre la peur de la mutilation (ou de la destruction) de son corps et l’angoisse suscitée par cet inconnu, Stan commence à souffrir de paranoïa. Qu’est-ce qui fait vraiment peur ? La véritable peur ne nous saisit pas lorsque nous voyons ou apprenons quelque chose, mais, à l’inverse, lorsque nous ne pouvons ni voir ni savoir. Suivant fidèlement le principe ancien du thriller selon lequel l’ignorance et l’inconnu sont en réalité les conditions de la peur, le film transforme l’espace étroit et limité d’une chambre d’hôpital en une scène de suspense impitoyable. Ici, une banale aiguille de seringue, des repas répétés, une conversation quotidienne, une simple promenade et même l’excrétion deviennent des pierres de gué entre la vie et la mort.