Le réalisateur Hubert Charuel, récompensé par le César du meilleur premier film pour « Petit Paysan » (2017), l’histoire d’un jeune éleveur laitier qui lutte pour protéger ses vaches, revient avec un récit de jeunes en difficulté. Mika et Dan, qui se chamaillent sous la pression économique, sont pris au piège d’un labyrinthe sans issue. Jugés pour une incartade absurde et acculés, ils finissent par travailler dans un centre de stockage de déchets nucléaires. Dans cet espace marginalisé d’une région désolée, ils éprouvent un sentiment d’impuissance et ne sont que des outils de travail. Pour ne rien arranger, Dan, qui ne prend pas soin de lui, voit aussi sa santé se dégrader. Comme dans une sorte de buddy movie, l’amitié indéfectible et la solidarité dans le malheur de ces deux amis originaires du même endroit suscitent une forte empathie. L’impression laissée par le jeu dense du duo Paul Kircher et Idir Azougli ne s’efface pas facilement. Ils rappellent les joyeux personnages des classes populaires des films de Ken Loach des années 1990. On retrouve ces figures qui luttaient pour ne pas perdre espoir dans une réalité amère. Ils sont le portrait de notre époque. Nous sommes Mika et Dan.