Premier film de Sven Bresser, « Reedland » est un drame à énigme qui suit le parcours d’un vieil homme explorant le mal après un meurtre survenu dans un petit village rural. Johan, maître coupeur de roseaux, découvre un jour le corps d’une jeune fille sur ses terres et se trouve envahi par une émotion inexplicable. Sa recherche du coupable, motivée au départ par le désir de protéger sa petite-fille ou par la culpabilité, devient peu à peu une obsession, et la communauté fermée se retrouve remplie d’une tension invisible. Explorant le mal caché dans un village tranquille, « Reedland » utilise intelligemment l’image des roseaux, comme l’indique son titre. La roselière, qui dissimule tout tel un labyrinthe, est un lieu parfait pour cacher le crime, la laideur, la peur et même la vérité. Tandis qu’une atmosphère sinistre persiste, comme si les roseaux murmuraient dans le vent, le jeu retenu de Gerrit Knobbe, dans le rôle de Johan, domine tout le film. Sur un sujet puissant et une construction captivante se déploie un souffle poétique saisissant qui évoque les cinéastes Ingmar Bergman, Michael Haneke et Thomas Vinterberg.