1994, Skintown, quartier paumé d’Irlande du Nord, dans une époque secouée par l’annonce du cessez-le-feu de l’IRA. Vinny et Jonty, deux losers d’une vingtaine d’années qui enchaînent les petits boulots dans les pizzerias du quartier pour amasser quelques sous, se voient offrir une occasion sans précédent. Quatre cents comprimés d’ecstasy tombés entre leurs mains par hasard, et une grosse somme d’argent liquide en poche. Ils ont déjà toutes les raisons de quitter cette ville grise sans issue. Lauréat du grand prix du Festival d’Édimbourg, « Skintown » reprend pleinement le flambeau de la révolte âpre et de la culture rave propres à la jeunesse britannique des années 1990 dont témoignait « Trainspotting » (1996). Dans un monde où l’angoisse et la méfiance imprègnent l’air du temps, ces jeunes vacillent dangereusement, au bord de l’effondrement. Mais qu’importe cette réalité pleine de tracas. Ivres d’alcool, de drogue et de musique de club, ils ne font que se jeter dans la bagarre. Cette énergie incontrôlable qui éclate sans destination ni raison est, étrangement, d’une beauté éblouissante.