Sur les rails colorés des montagnes russes, le ciel bleu et la verdure se brouillent, tout tourbillonne, le monde se renverse en un instant. À 17 ans, la réalisatrice a survécu à la traque, au harcèlement et à la tentative de meurtre d’un garçon de sa classe ; plus de dix ans après, elle revient sur cet événement traumatique. Partant de l’arrêt de bus où les faits se sont produits, elle raconte son expérience d’une voix calme, puis va elle-même retrouver des personnes liées à l’affaire, comme des enseignants, des camarades de classe filles, des médecins et des procureurs. Du cas individuel, elle passe à une discussion sur les problèmes structurels de la société ; de l’auteur direct des violences, elle élargit son questionnement aux violences du silence et des témoins passifs.
Le film alterne habilement entre des entretiens qui maintiennent une distance et une voix off à la première personne, intime et incarnée. Lumières de tunnels, néons de parcs d’attractions et taches de couleur indéfinies s’entremêlent à des fragments d’images vacillantes en Super 8 et en mini-DV, comme des souvenirs morcelés du passé ou des rêves imaginés. Dédiée aux âmes blessées et à celles qui n’ont pas survécu, cette fête porte leur vitalité scintillante qui ne s’est pas éteinte.