M. Lee, directeur d’un crématorium, a passé sa vie à incinérer les morts et à les accompagner dans leur dernier voyage. Pressentant que le moment est venu pour lui de partir, il retourne au crématorium où il a si longtemps travaillé, mais personne ne semble vraiment heureux de l’accueillir. C’est alors que M. Lee meurt subitement. Chose stupéfiante, on a beau tenter d’incinérer son corps, celui-ci refuse de brûler. Premier film de Kim Si-jin, « The Flower » est un drame grave sur les visages sans fard des êtres humains qui se révèlent face à la mort de quelqu’un, sur les querelles hargneuses et les luttes sordides, sur les souvenirs irrésolus du passé. En particulier, les sentiments déchirants de M. Lee pour l’être aimé, qu’il espère retrouver, même en devenant un esprit, renforcent encore la densité émotionnelle du film. Mais c’est surtout la maîtrise avec laquelle chaque détail a été façonné en stop motion qui impressionne. Cette animation séduit d’autant plus qu’elle transmet pleinement l’application et la constance d’un artisan, à l’image de M. Lee.