À l’ouverture, la caméra fixe intensément une oreille. Plus on regarde à l’intérieur de cet organe aux courbes sinueuses, doté d’un intérieur et d’un extérieur, plus il ressemble à une grotte. La femme est sensible à ce qu’elle entend. Elle annonce sans pitié la rupture à son amant qui la supplie de surmonter la lassitude de leur couple. « Il est trop tard. J’ai entendu trop de paroles. » La relation prend définitivement fin et un nouvel amour apparaît bientôt devant elle. Son partenaire n’est connu que sous le nom de Ben, et son âge, son domicile comme sa profession restent indéterminés. Comme il est dépourvu de forme dès le départ, il est même difficile d’être certain de son existence. « Two voices into an echo » pousse son postulat extrême jusqu’au bout et demande avec insistance si l’amour et la confiance peuvent durer sans preuve visuelle. Tandis que le public est mis à l’épreuve, l’amour aveugle de la femme finit par donner naissance à la vie, puis va jusqu’à se transférer à quelqu’un d’autre. « Two voices into an echo » réécrit le mythe de l’amour.