« Un Monde entre nous » prend sa source dans les souvenirs embarrassants et frustes de l’enfance. Durant l’été de leur troisième année d’école primaire, Tsubasa et Gyoutarou se lient d’amitié. Le style réaliste fondé sur la rotoscopie restitue autant que possible l’innocence de ce temps des souvenirs. Une sucette collée à l’asphalte, la lumière du soleil qui se glisse dans un passage sous un pont, un dessin de dinosaure montré fièrement aux amis. L’atmosphère du film, qui semblait s’appuyer sur un lyrisme nostalgique, connaît un tournant majeur lorsque les deux garçons entrent dans l’adolescence. À une époque où tout change rapidement, en soi comme autour de soi, les relations se détériorent bien trop facilement et le monde se transforme. Même des décennies plus tard, certains souvenirs de cette période finissent par dominer la vie de Gyoutarou. La forme varie elle aussi de façon appropriée au fil du récit. En particulier, dans la seconde moitié, le dynamisme avec lequel les émotions de Gyoutarou finissent par déformer le monde constitue une expérience que seule une vision directe peut transmettre. Présenté cette année à la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes et en compétition au Festival international du film d’animation d’Annecy, le film a annoncé la découverte d’un nouveau talent nommé Kohei Kadowaki.