La seule chose qui absorbe Ji-soo, en troisième, c’est l’écriture. L’arrivée de Hyun-joo, une nouvelle élève qui dit adorer le football à en mourir, ébranle et éveille autrement Ji-soo. « The Accordion Door » semble laisser entrevoir la possibilité d’une romance adolescente autour d’un premier amour, puis déjoue les attentes et bifurque vers l’incontrôlable. Ayant perdu une partie de sa mémoire à la suite d’un événement vécu dans son enfance, Ji-soo acquiert un talent pour l’écriture, comme s’il s’agissait à la fois du prix et de la compensation d’un trouble de stress post-traumatique. L’idée stupéfiante qu’une étrange substance glissante, allongée et qui se tortille, une créature, un signe ou un signal, aurait pénétré dans son corps pour s’y installer sous la forme d’une capacité à écrire devient pour Ji-soo une conviction inébranlable. Mais cette croyance finit par voler en éclats sous l’effet de la peur de soi et de la curiosité, de la jalousie et de la méfiance envers la personne qui l’intéresse. C’est une œuvre fantastique singulière où les souvenirs douloureux deviennent moteur, déclencheur et poison de la création, et où un état d’esprit transposé en images étranges conduit à la rupture et à la maturation. La fin est véritablement poignante et cruelle, mais une autre conviction grandira pourtant à petits pas : on écrira de nouveau, et l’écriture continuera.