Ce documentaire animé traite du massacre de Maguindanao, où 58 personnes, dont 32 journalistes, ont été assassinées en 2009 dans le sud des Philippines, et de l’histoire du photojournaliste Reynaldo « Bebot » Momay, qui n’a pas été inclus dans la liste des victimes. Lors du procès, il n’a pas été reconnu comme victime au motif que son corps n’avait pas été retrouvé. Le film suit le long combat de sa fille pour faire reconnaître juridiquement que son père, « Bebot », était la 58e victime. Le réalisateur reconstitue sous forme de fiction les véritables entretiens en visioconférence avec la fille et les documents d’enquête, puis les transforme en animation par rotoscopie avant de les entrecroiser avec de véritables archives d’actualité. Dans ce documentaire, l’animation constitue un moyen d’expression essentiel pour reconstituer le passé d’un homme omis des archives et un événement atroce. Mais cette forme audacieuse, qui traverse les frontières entre faits et suppositions, mémoire et imagination, soulève aussi des questions sur l’éthique de la documentation et de la représentation. Un film qui a fait parler de lui, invité successivement au Festival international du film de Rotterdam et à Annecy.