Le film commence par des images d’actualité montrant une manifestation de femmes qui s’est tenue à Bichkek en 2020. La manifestation pour les droits des femmes est mise en péril par l’intervention violente d’hommes qui s’y opposent, tandis que les policiers, jusque-là spectateurs, commencent à arrêter les manifestantes. De cette scène réelle qui symbolise l’état actuel des droits des femmes au Kirghizistan, le film passe à la fiction et superpose les histoires de deux jeunes femmes. Tandis que se déroulent les récits de Meerim, qui travaille secrètement comme modèle webcam, et de Nargiza, qui vient de commencer une relation amoureuse, des images d’archives montrant des expositions, des performances artistiques et diverses manifestations consacrées aux droits des femmes s’intercalent pour mettre en contexte les situations extrêmes auxquelles elles se retrouvent confrontées. Comme le symbolise le mot kirghize « kurak », qui signifie « patchwork », le film dépeint avec force le processus par lequel les voix de diverses femmes qui y apparaissent, et pas seulement celles de Meerim et de Nargiza, percent un immense cartel d’oppression, s’assemblent pièce par pièce et se tissent en un récit unique.