« Le procureur ne fait que requérir une peine, ce n’est pas lui qui rend le verdict. » « SINNER » demande combien d’histoires ont pu être enfouies sous la surface par cette seule phrase. Lorsque Kim Seokgyu (Jung Sung-il), procureur sans tache, est désigné candidat au poste de ministre de la Justice, le parti d’opposition soulève la question de l’« affaire du meurtre par incendie criminel de Migeum » de 1994. Il lui reproche d’avoir alors soumis la suspecte illettrée Hong Sunhwa (Park Ji-hyun) à une enquête coercitive et requis la peine de mort, mais la découverte d’une lettre laissée par Sunhwa lui permet bientôt de surmonter la crise. Pourtant, après avoir lu tardivement la lettre de Sunhwa lui demandant de transmettre absolument à son fils Eunsu l’injustice qu’elle avait subie, Seokgyu tient à reprendre ses recherches sur cette affaire close. Ce procureur qui ne cherchait la justice que dans les pièces de l’enquête et au tribunal se confronte tardivement, à travers les récits des gens, à la vérité qu’il avait ignorée ; c’est alors seulement qu’apparaît le fossé entre les faits consignés sur le papier et la vérité matérielle. Au moment où le passé marqué par l’injustice de la suspecte Sunhwa croise le présent du procureur Seokgyu confronté à sa conscience, les spectateurs ont l’occasion de repenser aux valeurs facilement oubliées ou négligées. Un film qui transmet dans les larmes l’idée que, si l’on ne peut revenir sur le passé, on peut en avoir honte.