L’histoire d’un père qui sauve sa fille enlevée par des trafiquants d’êtres humains et celle d’un père qui doit devenir plus cruel encore pour punir des criminels d’une cruauté sans bornes nous sont bien trop familières. Mais en ajoutant à cette familiarité une action autrefois tout aussi familière, désormais éloignée de nos mémoires, « The Furious » parachève son charme. Kenji Tanigaki, qui a réalisé « The Furious », est originaire du Japon, mais il a construit sa carrière à Hong Kong, débutant comme cascadeur avant de devenir coordinateur des cascades et directeur des combats. Fidèle à ses origines de réalisateur d’action, Kenji Tanigaki se démène pour faire revivre le kung-fu sous une forme moderne. À l’ère des images virtuelles, il réduit au minimum le recours aux images de synthèse pour restituer à l’état brut le maximum d’action que peut accomplir le corps d’un acteur. En fin de compte, ce que « The Furious » cherche à sauver n’est pas seulement la fille, mais les expressions cinématographiques du corps qui tombent peu à peu dans l’oubli : les chorégraphies du kung-fu où les corps s’entrechoquent et le plaisir brut qu’elles procurent. Cela suffit à ce film.