« Ikaino » est le nom d’un quartier d’Osaka, au Japon, où vit une communauté de Coréens du Japon. Bien que ce toponyme ait été supprimé administrativement il y a déjà plus de cinquante ans, il reste encore des choses dont il faut se souvenir et parler sous le nom d’Ikaino. « Ikaino » rassemble les histoires de Coréens du Japon, de la première à la quatrième génération, qui ont vécu en tenant des commerces de légumes, de viande, de tripes et de vêtements au marché de Tsuruhashi. De l’occupation japonaise jusqu’à l’époque contemporaine où les discours de haine coexistent avec l’engouement pour la vague coréenne, en passant par la libération, le soulèvement du 3 avril à Jeju, la guerre de Corée et le projet de rapatriement vers le Nord, les habitants d’Ikaino ont vécu une vie qui les obligeait à « avoir davantage conscience de leur identité coréenne que les Coréens eux-mêmes ». Parmi eux, les anecdotes pleines de fougue de Bu Youngcheol, un boucher qui a failli devenir yakuza, laissent une forte impression. Un récit d’une grande ampleur se déploie, comme s’il condensait plusieurs films et plusieurs livres, mais cette remarquable biographie surpasse aisément les livres d’histoire par ses détails concrets et vivants.